Le PLQ entrouvre la porte de l'universalité des soins de santé 
Un gouvernement du Parti libéral du Québec permettra vraisemblablement aux mieux nantis d'avoir accès aux installations du réseau de la santé pour y recevoir des soins plus rapidement. 

Dans une résolution, poussée par les jeunes libéraux et aisément adoptée en congrès dimanche, le PLQ propose d'envisager "la possibilité de permettre" aux patients qui en ont les moyens de payer pour obtenir des traitements ou subir des interventions chirurgicales en dehors des heures normales d'utilisation du réseau de la santé. 

Mais le chef libéral, Jean Charest, semblait plus affirmatif à l'issue du congrès, estimant que le réseau doit maximiser l'accessibilité aux ressources parfois disponibles mais non utilisées. 

"Il faut que ce débat se fasse. Il s'agit d'offir une alternative aux patients, mais ça doit se faire dans le cadre d'un système public à une vitesse, c'est dans cette approche-là que nous allons regarder le rôle du privé", a-t-il précisé. 

M. Charest soutient que l'adoption d'une Charte des droits des patients n'est pas contradictoire avec une telle initiative. "Le fait d'avoir une telle charte, c'est salutaire parce qu'on devra se gouverner en conséquence. 

"Je veux qu'on l'affirme comme valeur québécoise au départ. Ensuite, ce sera aux acteurs du réseau de faire en sorte que les services soient disponibles dans un système public où le privé peut jouer un rôle", a-t-il expliqué. 
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Jean Charest, qui savourait encore dimanche le score de 95 pour cent obtenu la veille lors du vote de confiance de ses militants, a brandi le cadimanche de résolutions adoptées en fin de semaine, comme étant "le passeport pour le Québec pour l'an 2002". Pendant la campagne référendaire de 1995, on voyait souvent M. Charest brandir le passeport canadien pendant ses discours. 

"C'est un passeport périmé", a répliqué la vice-présidente du Parti québécois, Marie Malavoy, en point de presse à Québec. Selon elle, les propositions libérales, en particulier celles touchant la santé, sont rétrogrades. 

Le chef libéral est fier des bases du futur programme électoral de son parti, qui comptera l'instauration d'un bulletin d'information sur la performance des écoles, une initiative qui déplaira sans doute au monde de l'éducation. 

Ce bulletin, qui sera établi par une commission indépendante plutôt que par le ministère de l'Education, sera transmis aux parents. "Ils ont le droit de savoir ce qui se passe dans les écoles", ont soutenu les militants libéraux. 

Quant à l'enseignement de l'anglais, il débutera dès la première année, et le temps d'enseignement sera allongé d'une heure et demi. 

Dans le domaine social, le PLQ s'est dit favorable, après un débat parfois passionné, au mariage civil des conjoints de même sexe. "La population est suffisamment évoluée, le Québec est rendu là", ont plaidé plusieurs intervenants. 

Les libéraux ont aussi adopté plusieurs résolutions progressistes destinées aux familles: le développement des garderies privées, le versement de l'allocation de base au parent qui garde son enfant à la maison, l'offre de services spécialisés pour les enfants handicapés en garderie. 

Le PLQ appuie aussi l'étiquetage des produits contenant des OGM (organismes génétiquement modifiés) et l'installation de compteurs d'eau potable. 

Enfin, l'éventuel programme électoral du PLQ ordonnera une réduction de 25 pour cent des impôts. A ce propos, le chef libéral s'est fait mordant, accusant le gouvernement Bouchard de prendre les gens pour des "guichets automatiques". 

"Un gouvernement libéral va remettre de l'argent dans vos poches. Les baisses d'impôts, ce n'est pas péquiste, les baisses d'impôts, c'est libéral", a lancé Jean Charest.